Pourquoi j’ai décidé de voyager en stop – récits d’auto-stoppeurs

« POURQUOI? »
C’est souvent la première question que les gens te posent (légitimement) quand tu leur dis que tu pars en sac à dos, dans un autre pays, découvrir d’autres horizons.
C’est vrai ça, pourquoi au 21ème siècle, dans un monde où y’a pléthore de moyens de transports littéralement à notre portée, vouloir se mettre sur le bas côté de la route pour tendre son bras et lever son pouce fièrement ?! Est-ce que c’est par éthique ? Par économie ? Par défi ? Par plaisir ? Dans un monde de plus en plus individualiste, et si, voyager en stop n’était pas une porte alternative vers la foi en l’individu ?
Personnellement, voyager en auto-stop m’a énormément apporté individuellement et surtout vis-à-vis des autres. C’est vrai quoi, quoi de plus simple qu’un trajet passé à discuter avec un/des inconnu(s), à se raconter nos tranches de vie, parfois entourés d’un décor de carte postale ?!

Dans cet article, je revêts ma cape d’invisibilité (bouuuuh 👻👻) et laisse la place à 3 voyageurs, Céline, Erwan et Benoît, lesquels se sont naturellement prêtés au jeu des questions/réponses. L’une a fait du stop en Nouvelle-Zélande, l’autre un peu partout dans le monde (cas d’Erwan) et le dernier (Benoît) en Nouvelle-Zélande et au Canada.
Peut-être qu’au fil de cette interview vous vous retrouverez dans leurs mots, dans leurs histoires. Je l’espère. En tout cas, moi je m’y suis aussi pas mal retrouvé !
Allez, sans plus attendre, découvrez leurs récits…

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Stop sur la Highway 11 de Bathurst (New-Brunswick – Canada)

Commençons par la 1ère question (et pas des moindres 😂😂):

Pourquoi avoir choisi de faire du stop dans vos voyages ?
Céline
: « Au départ, c’était purement économique. C’est le genre d’expérience que j’ai toujours voulu tenter sans vraiment oser. Au début, c’était plutôt un jeu, un peu risqué puisqu’on ne sait jamais quand on va arriver, si on y arrive. On a peur, que quelqu’un ne s’arrête pas, mais surtout que quelqu’un s’arrête. Est-ce qu’on va bien s’entendre, et si c’est un homme, est-ce que je serai en sécurité. Et puis, tout change. Au fil des expériences, on a hâte de découvrir d’autres gens, des locaux, des voyageurs qui ont tous une histoire à raconter. » […]
Erwan: « Pour moi, c’était l’occasion de faire mon propre voyage. Un voyage unique, dans un monde où le tourisme est en pleine explosion, où internet est dans tous les coins, où au final il n’a jamais été aussi facile de voyager. »
Benoît: « C’est un moyen de faire de vraies rencontres, toujours très intéressantes. Je l’ai aussi choisi dans un but de dépassement personnel, toujours aller au plus loin, se perdre aux confins d’un pays. Bien évidemment, ça reste un moyen économique pour se déplacer… »

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Nouvelle-Zélande – Île du sud

Quel a été ton meilleur souvenir ?
C
: « Lorsque j’ai décidé de joindre Greymouth depuis Motueka (Nouvelle-Zélande). 300 km et quelque chose comme 4h à 5h de route. Après un premier trajet partagé avec un israëlien et une nuit qui nous a été offerte gracieusement par notre chauffeur, c’est le lendemain et après 2h d’attente que nous sommes finalement pris par un couple de canadiens. Eux, ont loué une voiture. Ils sont super accueillants, positifs. On finira même par partager des cafés et même le repas à Greymouth ! J’ai du mal à les quitter tous pour me retrouver seule. Je serai nostalgique pendant un petit moment de cette aventure. »
E: « Difficile à dire. Il y en a tellement! Mais, clairement, mon expérience la plus excitante reste le moment où le concept voire même le mot d’auto-stoppeur n’existe pas. En Iran, j’ai du traduire une lettre afin d’expliquer mes intentions, écrire mes pancartes en tomate, sorry farsi (langue iranienne). Comme quoi, même après 4,000 km, dans un pays où l’auto-stop est peu pratiqué, il te vient une superbe sensation de liberté, pourvu que tu gardes ta motivation en tête de ligne ! »
B: « Clairement, mon meilleur souvenir est lorsque j’ai remonté la route de la ruée vers l’or (Alaska Highway, Canada). Afin de rejoindre la frontière, j’ai été pris en stop par un routier. Ce jour-là, j’ai réussi à parcourir pas moins de 500 km d’un trait !
Mais, dans le fond, le meilleur demeure l’ensemble des personnes rencontrées. Du gars de mon âge à la jeune mère de famille accompagnée de ses enfants, en passant par les couples de retraités. Je n’ai jamais vraiment eu peur quand j’y repense. »

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To Greymouth, with love !

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Arrêt visite à Pancake Rocks (île du sud)

Quel a été ton pire souvenir ?
C
: « Il y a eu cette fois où j’ai cru que je passerais ma journée à attendre sous la pluie. Je repartais de Mt Cook et il pleuvait à torrent. J’étais trempée, les voitures me calculaient à peine. Au bout de 2 heures à frissonner de froid et une pancarte dont l’encre coulait, une voiture a fini par s’arrêter. Ce jeune couple m’a dit que souvent les gens avaient peur de salir leur banquette arrière avec des auto-stoppeurs trempés. » […]
E: « Et bien écoute, au risque de te décevoir, je n’en ai pas eu !… même si traverser l’Europe du sud-est en plein mois de Janvier, par -20°C/-25°C a été très compliqué à gérer et assez désespérant ! »
B: « Je quittais la ville de Jasper (Canada). J’ai été ramassé par un homme, la soixantaine. Il était sympathique et très tactile, surtout quand il a posé sa main sur mon épaule et ma cuisse. La situation est en effet devenue gênante. Il a fait ça durant 30min et m’a cordialement invité a passer le weekend avec lui dans sa tente super cosy. Finalement, il m’a déposé exactement où il fallait. Adios chico, à moi l’Alaska Highway ! »

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Cappadoce – Turquie

Dans la poursuite de tes voyages, comptes-tu faire du stop ?
C: « Oh oui j’espère bien ! Je n’ai pas encore essayé à Taïwan (où je suis en PVT) mais il parait que c’est super simple ! Il suffit de trouver l’écriture chinoise des noms de ville et c’est parti. Plusieurs voyageurs m’ont confirmé que c’était sans danger et assez répandu. »
E: « Après ce gros périple (20 mois et 44,700 km de stop), non je ne pense pas ! Enfin, sur des petites distances, oui. Par contre, continuer de voyager de façon à rencontrer les locaux facilement ,oui. Peut-être en vélo, en bénévolat. L’Afrique est le seul continent où je n’ai pas encore tendu mon pouce. J’y compte bien y faire un petit tour. »
B: « Oui, il y a de très fortes chances. J’ai dans l’intention de partir explorer l’Europe et l’Australie. Alors, ça n’est que partie remise ! »

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Stop sur l’Alaska Highway (Canada)

Enfin, pour le fun, as-tu quelques anecdotes amusantes à nous faire partager ?
C: « Il y a eu cette fois, après ma catastrophe du Mt Cook, où j’ai été prise en stop par une guide faisant des visites thématiques sur les lieux de tournage du Hobbit 2. Son van arborait le logo de LOTR. Sa plus grand fierté justement c’est d’avoir été figurante dans une scène ! Elle me racontait sa rencontre avec Peter Jackson… Une rencontre improbable, et super intéressante ! » […]
E: « J’ai toujours eu la chance de faire du stop avec des véhicules un peu particuliers: en tracteur en Californie, en scooter sans casque au Vietnam, en train en Italie, dans une voiture de police au Pérou. Ça m’est aussi arrivé de dormir à 3, dans un camion, par -20°C. Plutôt inconfortable ! »
B: « J’étais dans un endroit un peu perdu, en direction de la ville d’Oamaru. Après 1h30 d’attente en plein soleil, un camping-car s’approche et finit par ralentir… Soudain, je vois une tête jaillir de la fenêtre. On vient de me prendre en photo. Le camping-car ne s’est jamais arrêté… »

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Stop avant d’arriver à Oamaru

*****     *****     *****

Le stop, une « belle affaire ».
Finalement, ce qui n’est au départ qu’une raison économique ne peut-elle pas devenir une véritable conviction ? A le voir autour de moi, à l’entendre de la bouche d’autres voyageurs, j’en ai la certitude.
Et si, lors de vos prochains voyages, vous n’opteriez pas vous-aussi pour ce système plus alternatif, basé sur l’échange et le partage sans compromis? Il est peut-être temps de revenir à ce rapport simple, établi sur des valeurs élémentaires et plus humaines…

Alors, quand est-ce que VOUS FAITES DU STOP ?! 👍👍

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FIN DE L’ARTICLE.

NB: Même si cette expérience reste formidable, le stop peut parfois s’avérer « dangereux ». Un conseil, soyez toujours vigilants et attentifs. Et surtout, si votre feeling n’est pas bon, alors ne montez pas à bord d’un quelconque véhicule…

4 réflexions sur “Pourquoi j’ai décidé de voyager en stop – récits d’auto-stoppeurs

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